
Pourquoi les échanges entre jeunes et moins jeunes sont-ils importants ?
Léonie : Les enfants et les résidents peuvent apprendre les uns des autres. Ces rencontres sont source de joie pour tous. Des contacts peuvent se nouer et des amitiés peuvent se développer.
Nadine : Les contacts au sein du voisinage améliorent le bien-être de tous. Grâce à ces rencontres, les personnes âgées peuvent se remémorer leur parcours de vie, transmettre leurs expériences et leurs connaissances. Elles peuvent aussi être inspirées par la joie des enfants. Ces derniers, de leur côté, ressentent l'affection des aînés. Ils peuvent s'exercer à interagir avec la génération précédente et beaucoup apprendre de ces situations. Des liens de voisinage, voire d'amitié, se tissent.
Quels sont les défis ?
Léonie : Maintenir le contact malgré la distance physique est un défi. Nous entretenons des relations épistolaires et organisons des rencontres par téléphone ou via Zoom. Une réunion virtuelle ne remplace que partiellement une réunion en présentiel. J'ai constaté, par exemple, que la concentration des enfants diminue rapidement lorsqu'ils écoutent des histoires via Zoom. Nadine : Au début, il était difficile de motiver les résidents ; la lassitude du confinement était très présente. L'échange de lettres représentait un autre défi. Les résidents ne peuvent pas ou ne souhaitent pas écrire les lettres eux-mêmes, alors je les aide. Souvent, plusieurs essais sont nécessaires pour chaque personne : parfois, ils ne sont pas d'humeur, ils reçoivent des visites, ou il y a une autre raison de reporter l'envoi. Cela prend du temps et exige de la patience et de la flexibilité.
Nadine, quelles sont tes impressions sur les résidents participant au projet ?
Après les difficultés initiales liées au confinement, j'ai le sentiment que les résidents se détendent de plus en plus au fur et à mesure que le projet avance. Notre première réunion, en particulier, a eu un impact significatif. Les résidents étaient ravis de voir les enfants et sont beaucoup plus faciles à motiver depuis, à l'exception d'une participante qui a abandonné car les enfants lui rappelaient douloureusement ses petits-enfants, qu'elle n'est actuellement pas autorisée à voir. Et toi, Léonie, comment perçois-tu les enfants participants ? Les enfants sont très curieux. Les trois élèves de maternelle participants, en particulier, veulent tout savoir sur les résidents. De temps en temps, un petit rappel est nécessaire, par exemple lorsqu'un enfant demande : « Comment s'appelle ma femme déjà ? » Le projet permet de maintenir l'intérêt des enfants, de manière positive. Qu'avez-vous le plus apprécié ? Léonie : La première rencontre en personne a été un moment très joyeux et animé. Nous nous sommes retrouvés à la maison de retraite, devant la fenêtre. Nous nous sommes salués et avons échangé des questions. Malgré la vitre, il y a eu beaucoup de rires et de conversations. Nous avons hâte aux prochaines rencontres. Nadine : J'ai été impressionnée par la facilité avec laquelle les enfants ont abordé nos résidents malgré la vitre, par l'intérêt qu'ils leur portaient, et réciproquement. La joie partagée était vraiment palpable. C'était magnifique.